Kora’h 5786 – n°489

Le Rambam

La paracha de Kora’h vient nous enseigner pour toutes les générations la vérité de la prophétie de Moshé Rabénou, mais également la gravité de la discorde.

C’est ce que suggère Rashi dès le début de la paracha lorsqu’il écrit : « Cette paracha est magnifiquement expliquée dans le Midrash Tan’houma ».

Son intention est de nous faire comprendre que l’histoire de Kora’h n’est pas un simple récit du passé. Elle constitue un enseignement éternel. Chaque détail doit être étudié afin d’en tirer les fondements de la Torah concernant les dangers de la dispute.

Hashem déteste profondément la mahloket (la discorde), car elle est l’une des armes les plus puissantes du Yetser Hara. Elle éloigne l’homme de son Créateur et détruit les liens entre les membres du peuple juif.

À l’inverse, la paix est si précieuse que nos Sages enseignent : « Hashem n’a trouvé aucun récipient capable de contenir la bénédiction pour Israël si ce n’est la paix ». Cette mishna est d’ailleurs la dernière de tous les traités, comme pour nous léguer un enseignement éternel.

Le Rambam écrivit à son fils Rabbi Avraham : « Ne souille pas ton âme par la dispute qui détruit le corps, l’âme et les biens matériels. J’ai vu des familles se déchirer, des communautés s’effondrer, des dirigeants perdre leur statut, des villes entières être bouleversées et des hommes de foi disparaître à cause de la discorde. Les prophètes, les sages et les philosophes ont tous dénoncé ses ravages sans jamais pouvoir en épuiser la description. Éloigne-toi donc de la dispute et de ceux qui l’aiment ».

Malheureusement, la haine gratuite et les conflits continuent de causer d’immenses dégâts. Le Yetser Hara sait parfaitement que l’unité d’Israël est la source de toutes les bénédictions divines. La présence de la Shékhina repose sur le peuple lorsqu’il est uni. Comme il est écrit à la fin de la Thora : « Il fut Roi en Yechouroun lorsque les chefs du peuple se rassemblèrent ensemble, les tribus d’Israël étant unies ». Rashi explique qu’Hashem est véritablement Roi lorsque les tribus d’Israël sont unies et non divisées en factions opposées.

Nos Sages enseignent également qu’« Israël ne sera délivré que lorsqu’il formera un seul ensemble ».

La discorde est particulièrement dangereuse parce qu’elle entraîne de nombreuses autres fautes : médisance, colportage, humiliation d’autrui, manque de respect envers les Sages, mensonges, vexations verbales et perte de temps dans l’étude de la Torah. C’est pourquoi le Yetser Hara cherche constamment à attiser les conflits : il sait qu’une seule dispute peut provoquer une multitude d’autres fautes.

Le plus grand succès du Yetser Hara n’est pas toujours de faire fauter une personne individuellement. Parfois, il lui suffit de créer une dispute. Une querelle peut détruire en quelques jours ce qui a été construit pendant des années. À l’inverse, celui qui renonce à avoir raison pour préserver la paix ressemble à Aharon HaCohen, qui poursuivait la paix et rapprochait les cœurs.

La grandeur n’est pas toujours de gagner un débat. La grandeur est souvent de savoir l’arrêter.

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