
Dans la parashat Ekev , un verset particulier retient notre attention et est ô combien d’actualité. Il est écrit : « Si tu dis dans ton cœur : “Ces nations sont plus nombreuses que moi ; comment pourrai-je les déposséder ?” Ne les crains pas. Souviens-toi sans cesse de ce que Hashem a fait à Pharaon et à toute l’Égypte ».
Le Baal HaAkéda explique ce verset de manière remarquable : « Si tu dis dans ton cœur : “Ces nations sont plus nombreuses que moi ; comment pourrai-je les déposséder ?” » Lorsque tu reconnaîtras sincèrement que, selon les lois de la nature, tu n’as aucune possibilité de vaincre tes ennemis en raison de leur supériorité écrasante, alors : « Ne les crains pas », tu n’auras plus besoin de les redouter, car Hakadosh Baroukh Hou combattra Lui-même pour toi de manière miraculeuse, comme Il l’a fait face à Pharaon et à l’Égypte.
En revanche, si tu ne reconnais pas dans ton cœur que les nations sont plus puissantes que toi, mais que tu t’imagines posséder la force nécessaire pour les vaincre par tes propres moyens, Hakadosh Baroukh Hou ne se tiendra pas à tes côtés pour te sauver par des miracles.
Voilà un principe fondamental qui nous concerne à chaque génération : nous ne devons pas craindre la puissance de nos ennemis, qui cherchent à nous anéantir. Ce que nous devons véritablement craindre, c’est l’état de notre émouna.
Tant que nous accomplissons notre devoir avec émouna et bita’hon, Hakadosh Baroukh Hou demeure avec nous et nous protège de toute détresse. Mais si nous plaçons notre confiance dans « ma force et la puissance de ma main », alors nous nous exposons au terrible danger d’être livrés au seul fonctionnement des lois naturelles. Hashem pourrait, ‘has véshalom, retirer Sa protection miraculeuse face aux innombrables dangers qui nous entourent, notamment de la part des descendants de Yichmaël, et nous serions alors abandonnés, comme des gazelles dans les champs, sans la protection particulière d’Hakadosh Baroukh Hou.
Les commentateurs expliquent dans ce même esprit le verset des Téhilim : « מאין יבוא עזרי, עזרי מעם ה – D’où me viendra le secours ? Mon secours vient de Hashem ». Le mot « d’où » (méaïn) peut également être compris comme « de nulle part ».
Ainsi, lorsque l’homme sait qu’il n’existe absolument personne, parmi ses proches, ses amis ou ses connaissances, qui puisse véritablement le sauver, et que seul Hakadosh Baroukh Hou détient ce pouvoir, alors son secours vient effectivement de Hashem.
En revanche, s’il place son espérance dans la force humaine ou dans l’aide de ses semblables, il ne pourra pas mériter pleinement la délivrance du Créateur.
Notre maître Rav Moshé Shternboukh rapporte ensuite un épisode survenu durant la guerre d’Indépendance en Erets Israël, en 5708 (1948). À cette époque, certains dirigeants non religieux se glorifiaient de leurs victoires militaires, attribuant le succès à leur courage et à leur puissance, comme si Hashem n’y avait pris aucune part.
Mais notre maître le Rav de Brisk, Rabbi Yits’hak Zev Soloveitchik, répétait alors : « Pensez-vous vraiment que ce sont les canons, les chars et les avions qui ont remporté la guerre ? Pas le moins du monde ! Le véritable front se trouve là-haut, dans le Ciel. Puisque nous avons remporté la bataille sur le véritable front grâce à la force de la téfila, il leur a ensuite été plus facile de gagner la guerre ici-bas ».
Très beau dvar Torah ! Ce serait sympa qu’il y ait les sources en fin de document