Matot Massé 5786 – n°493

Nous terminons cette semaine le ‘Houmash Bamidbar avec l’épisode de la guerre contre Minyan. Il est écrit : « Él’azar haCohen dit aux hommes revenus de la guerre : Voici la loi de la Torah… Quant à l’or, à l’argent… ».

Une question se pose : pourquoi la Torah parle-t-elle ici de « loi (‘hok) de la Torah » ? Un ‘hok est une loi sans raison logique. Pourtant, les lois de cachérisation des ustensiles (hag’ala et liboun) suivent une logique simple : un ustensile rejette ce qu’il a absorbé par le même procédé avec lequel il l’a absorbé.

Notre maître le ‘Hafets ‘Haïm explique que cette expression ne désigne pas seulement les ustensiles, mais surtout l’âme de l’homme. De même que le feu purifie un ustensile en retirant ce qu’il a absorbé, la Torah purifie l’âme. Même après des fautes, l’étude sincère de la Torah possède la force d’effacer les traces spirituelles laissées par le péché. La Torah est ce feu qui brûle l’impureté intérieure et redonne à l’âme sa pureté, comme le dit le prophète Yirmiyaou : « Ma parole n’est-elle pas comme un feu ? ».

Le ‘Hida ajoute une autre lecture du verset : « Tout ce qui passe par le feu, vous le ferez passer par le feu, et il sera purifié ».

Le feu représente aussi les passions et les mauvais penchants qui consument le cœur de l’homme. Face à ce feu destructeur, la Torah nous enseigne d’allumer un autre feu : le feu de la Torah. Le seul feu capable de vaincre celui du Yétser Hara est celui de l’étude, de la sainteté et de l’attachement à Hachem.

Rabbi ‘Haïm de Volozhin allait jusqu’à dire que celui qui étudie la Torah avec sincérité et persévérance purifie son âme si profondément qu’il n’a plus besoin des mortifications autrefois prescrites pour réparer certaines fautes.

Chaque faute laisse une trace. Mais aucune trace n’est plus forte que la lumière de la Torah. Le feu peut détruire…ou purifier. À chacun de choisir quel feu alimenter.

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