Ki Tetsé 5786 – n°497

La paracha de la semaine commence par le sujet de la échet Yéfat Toar, qui désignait la femme prisonnière de guerre dont la Torah encadre strictement le cas, en imposant notamment une période d’un mois durant laquelle elle pleure son père et sa mère avant toute union, ainsi qu’il est écrit : « elle pleurera son père et sa mère pendant un mois entier ».

Le Zohar Hakadoch enseigne à ce sujet que « ce mois, c’est le mois d’Eloul ».

Dans le Yessod VéChoresh HaAvoda, il est rapporté au nom de notre maître le Ari Zal que ce verset contient une allusion à notre travail durant tout le mois d’Eloul : nous devons pleurer et faire téchouva.

L’expression « son père » fait référence à Hakadosh Baroukh Hou, tandis que « sa mère » désigne l’assemblée d’Israël.

En effet, celui qui a fauté s’est, en quelque sorte, rebellé contre Hakadosh Baroukh Hou et a également porté atteinte à la Knesset Israël. C’est pourquoi, durant le mois d’Eloul, il doit revenir vers Hashem par la téchouva et ressentir profondément la douleur de l’éloignement.

On peut également comprendre le rapprochement avec la Yéfat Toar de la manière suivante : de même que ses pleurs proviennent de la profonde nostalgie qu’elle ressent pour son père et sa mère, nous devons, nous aussi, pleurer durant ces jours par nostalgie de notre lien et de notre appartenance à Hakadosh Baroukh Hou.

Car l’essentiel du travail d’Eloul ne consiste pas uniquement à servir Hashem par crainte. Il consiste aussi à retrouver le désir profond de Lui appartenir, de nous rapprocher de Lui et de nous attacher à Lui.

C’est ainsi que nous accomplissons pleinement les paroles : « Ani Lédodi Védodi Li » — « Je suis à mon Bien-Aimé, et mon Bien-Aimé est à moi ». L’expression « Ani Lédodi » est une expression d’amour. Le terme Dodi, employé dans le Chir Hachirim, évoque en effet le lien d’amour entre Hakadosh Baroukh Hou et le peuple d’Israël.

Le véritable travail d’Eloul est donc de réveiller en nous la nostalgie de cette proximité avec Hashem.

Et lorsque nous nous tournons vers Lui avec ce désir sincère, avec cette volonté de retrouver notre lien avec Lui, nous méritons alors l’accomplissement de la promesse : « Védodi Li » — « Et mon Bien-Aimé est à moi ».

On peut également expliquer l’expression « Yéra’h Yamim » — « un mois de jours ». Pourquoi le verset ne dit-il pas simplement « un mois » ?

Parce que le mois d’Eloul ne doit pas être considéré comme une simple période globale de trente jours. Chaque jour possède une importance particulière. Chaque journée d’Eloul est une occasion nouvelle de revenir vers Hashem, de pleurer, de faire téchouva et de réveiller en nous la nostalgie de notre Père qui est dans le Ciel.

Il ne faut donc pas attendre la fin du mois pour se réveiller. Chaque jour est, à lui seul, une nouvelle occasion de renouer avec Hashem.

Et celui qui ne parvient pas à pleurer réellement, par nostalgie de Hakadosh Baroukh Hou, doit au moins chercher, au moment de la téfila, à s’attacher à Lui. Qu’il ressente qu’il se tient devant le Roi, devant Hakadosh Baroukh Hou, et qu’il s’efforce de revenir vers Lui par la téchouva, non seulement par peur, mais également par amour et par nostalgie de notre Père qui est dans le Ciel.

Voilà peut-être l’un des plus beaux messages d’Eloul : la téchouva n’est pas seulement le regret d’avoir fauté. C’est avant tout le désir profond de revenir là où se trouve véritablement notre place : auprès de Hashem.

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