
Dans notre parasha, Moshé Rabénou s’adresse au Am Israël : « aujourd’hui, Hashem t’ordonne d’accomplir ces mitsvot ».
Notre maître Rashi explique ce verset : « chaque jour, ils doivent être à tes yeux comme nouveaux, comme si c’était précisément aujourd’hui que tu avais reçu l’ordre de les accomplir ».
Notre maître ‘Hafets ‘Haïm explique ainsi la profondeur de cette idée : l’une des armes les plus redoutables du Yétser Hara est de pousser l’homme à remettre son engagement à demain. Lorsqu’une personne ressent le désir de se renforcer dans un domaine du service d’Hashem, le Yétser Hara ne lui dit pas forcément de ne rien faire. Au contraire, il lui souffle : « Commence demain matin. Demain, tu changeras vraiment ». Et c’est ainsi qu’il repousse l’homme jour après jour. Car lorsque le lendemain arrive enfin, le Yétser Hara revient avec exactement la même proposition : « Pas aujourd’hui… demain ».
C’est pourquoi la Torah nous dit :« Aujourd’hui, Hashem t’ordonne » !
Chaque jour possède son obligation propre. Chaque journée est une nouvelle occasion d’accomplir la volonté d’Hashem. Il n’y a donc aucune place pour remettre à demain ce que nous devons faire aujourd’hui. Car si l’homme décide de commencer demain, qu’adviendra-t-il de ce jour qui est déjà entre ses mains ?
Notre plus grand ennemi est d’ailleurs Amalek (עמלק) qui est l’acronyme de :
- עוד מעט Encore un peu
- מחר Demain
- לא עכשיו Pas maintenant
- קשה לי C’est difficile pour moi
C’est dans le même esprit que l’on peut comprendre le verset du Shéma : « ces paroles que Je t’ordonne aujourd’hui seront sur ton cœur ». Si l’homme ressent que l’ordre qu’Hashem lui adresse concerne aujourd’hui, et qu’il ne peut être repoussé à plus tard, alors les paroles de la Torah demeureront constamment présentes dans son cœur.
La téshouva, le renforcement spirituel et le rapprochement d’Hashem ne commencent pas demain. Ils commencent aujourd’hui.
Et, à vrai dire, au lieu de dire : « à partir de demain, je vais changer », l’homme devrait inverser sa manière de penser et se dire : « jusqu’à demain, je prends sur moi de faire attention » ! Jusqu’à demain, je m’engage à être plus attentif à mes téfilot, à mes berakhot, à mes paroles, à mes actes…
Un jour à la fois. Car en procédant ainsi, l’homme peut s’élever progressivement, pas à pas, sans se sentir écrasé par l’ampleur du changement et sans jamais désespérer.
Notre maître le Saba de Slabodka, lorsqu’il écrivait à son fils, lui demandait que, face à chaque doute ou décision importante dans sa vie, avant de faire son choix, il s’imagine que cette question se présente à lui le dernier jour de son existence.
Que ferait-il alors ? Face à cette pensée, la crainte du jugement s’emparerait de lui, et il pourrait aborder sa décision sans intérêt personnel, sans calcul, sans influence extérieure, mais uniquement avec une seule intention : faire la volonté d’Hashem.
Et c’est ainsi qu’il parviendrait à choisir ce qui est véritablement conforme à la volonté de notre Père qui est dans le Ciel.
Le message de cette parasha est donc simple, mais puissant : ne laisse pas le « demain » voler ton « aujourd’hui ». Car le seul jour sur lequel nous pouvons réellement agir, c’est celui qu’Hashem nous donne maintenant.