‘Hayé Sarah 5787 – n°505

Le Gaon de Vilna

Quand Eliezer demanda Rivka comme fiancée pour son maître Its’hak, la Thora nous dit que « Lavan et Betouel répondirent : “C’est Hashem qui a décidé de la chose ; nous ne pouvons te répondre ni en mal, ni en bien” ».

Il convient de comprendre pourquoi ils affirment ne pouvoir lui répondre ni en bien. Après tout, puisqu’ils reconnaissent que cette affaire vient d’Hashem, ils pourraient au contraire lui donner une réponse favorable ; seul un refus devrait leur être impossible !

Il semble que ce verset nous enseigne un principe fondamental concernant les shidoukhim : l’homme ne doit pas multiplier à l’excès ses efforts personnels dans la recherche d’un conjoint. En effet, le shidoukh est l’un des domaines dans lesquels l’intervention d’Hakadosh Baroukh Hou apparaît de manière particulièrement manifeste. L’homme n’a donc pas besoin de déployer des efforts démesurés pour tenter de maîtriser le cours des événements.

C’est précisément ce que déclarent Lavan et Betouel : « Nous ne pouvons te répondre ni en mal, ni en bien ». Autrement dit, dès lors que nous avons constaté qu’e ‘Hakadosh Baroukh Hou dirige Lui-même cette affaire et que cette rencontre vient d’Hashem, nous n’avons plus à intervenir. Nous nous retirons et laissons les choses suivre leur cours, selon la manière dont Hashem Lui-même choisira de les organiser.

À la lumière de cette explication, nous pouvons également comprendre les paroles de nos Sages dans la Guemara : « D’où savons-nous, dans la Torah […] que c’est Hashem qui détermine quelle femme sera destinée à quel homme ? Dans la Torah, comme il est écrit : “Lavan et Betouel répondirent : C’est Hashem qui a décidé de la chose” ».

À première vue, cette affirmation peut sembler étonnante. Quel est donc l’enseignement particulier de ce verset ? N’est-il pas évident que tout relève de la Providence divine ? Comme l’explique le Ramban à la fin de la Paracha Bo, celui qui adhère véritablement à la Torah de Moshé ne peut le faire sans croire que tous les événements de notre vie et tout ce qui nous arrive sont, en réalité, des miracles.

Mais selon notre explication, les paroles de nos Sages prennent une tout autre dimension : ils veulent nous enseigner que, dans le domaine des shidoukhim, nous pouvons constater de manière particulièrement évidente que tout provient d’Hashem. Contrairement à d’autres aspects de notre existence, où la conduite divine demeure dissimulée derrière les événements naturels, ici, la Providence divine se révèle au grand jour.

Nous apprenons ainsi qu’Hashem exerce une Providence individuelle sur chaque homme et chaque femme dans ce monde, à travers toutes les étapes et toutes les circonstances de leur vie.

Notre maître le Gaon de Vilna écrit d’ailleurs que les efforts humains déployés dans le domaine des shidoukhim sont « vains et illusoires ». Il s’exprime ainsi :

« Comme il est dit dans Tehilim : “Si Hashem ne bâtit pas la maison, ceux qui la construisent travaillent en vain.” Cette “maison” désigne le mariage, que l’on appelle précisément une construction, comme nous le savons. Le verset signifie que, si Hashem ne bâtit pas cette maison, les efforts des hommes dans le domaine du mariage sont vains, car tout dépend de Hashem ».

Le message est donc profond : dans le domaine des shidoukhim, notre rôle n’est pas de vouloir tout contrôler, mais de faire notre part avec confiance, sans oublier que le véritable artisan du shidoukh, c’est Hashem.

Laisser un commentaire