Lèkh Lékha 5787 – n°503

Le Maharil Diskin

Dans notre parasha, nous assistons à la naissance d’Ishmaël, le premier fils d’Avraham Avinou. La Thora témoigne à son égard : « il sera un פרא אדם — un homme sauvage ».

Dans son commentaire, le Maharil Diskin explique que dans la plupart des cas, l’adjectif vient après le nom qu’il qualifie. Ainsi, on trouve les expressions “un homme intelligent”, “un homme sage”, “un homme bon” ou “un homme mauvais”. Le nom vient avant l’adjectif, et il est extrêmement rare de trouver dans la Bible l’adjectif placé avant le nom. On peut donc supposer que, dans notre verset, la Torah nous adresse un message implicite : l’essence de cet homme sera celle d’un être sauvage, et le mot “homme” sera secondaire par rapport au terme “sauvage”, car c’est ce dernier qui définira fondamentalement sa nature.

Notre maître le ‘Hafets Haïm fut également interrogé un jour au sujet des relations entre les Juifs et les descendants d’Ishmaël à la fin des temps. Il répondit : que « la Torah sainte est éternelle. Puisqu’elle a déclaré : “Il sera un homme sauvage”, ses descendants demeureront des êtres sauvages à travers les générations. Il n’existe aucun moyen de les domestiquer et d’en faire un peuple civilisé, car le qualificatif “sauvage” leur est attaché pour toujours et ne les quittera pas. Même si un descendant d’Ishmaël fait des études, acquiert de l’intelligence et devient docteur, il ne deviendra pas pour autant un homme civilisé. Le terme “sauvage” restera attaché à lui : ce sera un “docteur sauvage”, car c’est là leur nature fondamentale ».

Le ‘Hafets Haïm soupira alors et ajouta : « Hélas ! Qui sait ce que cet homme sauvage pourrait encore faire subir au peuple d’Israël à la fin des temps ? ». Ces paroles du ‘Hafets Haïm ressemblent à une véritable prophétie concernant la situation future du peuple d’Israël. Car, à notre époque, nous constatons malheureusement, à nos dépens, ce qu’il avait annoncé : des meurtriers issus des descendants d’Ishmaël commettent des actes d’une cruauté inimaginable, illustrant, au sens littéral, la notion d’êtres sauvages.

Avant les pogroms perpétrés à Hébron en 1929, les Juifs de la ville entretenaient des bonnes relations avec les habitants arabes. Ils leur expliquaient qu’ils ne prenaient pas part au conflit opposant les sionistes aux Arabes. Tous les notables arabes de la ville leur avaient promis qu’ils ne leur feraient aucun mal et ne perturberaient pas leur vie. Mais, finalement, le jour de la colère arriva. Ils renièrent leurs promesses et assassinèrent avec une cruauté effroyable des hommes, des femmes et des enfants.

Les grands maîtres de la génération expliquèrent alors que, puisque la Torah qualifie Ishmaël de « פרא אדם », d’« homme sauvage », sa promesse est celle d’un homme sauvage : elle n’a aucune valeur.

Malgré les épreuves et les incertitudes, gardons confiance en Hashem : notre histoire ne s’écrit pas seulement à travers les difficultés, mais surtout à travers l’espérance, la émouna et la promesse d’une délivrance prochaine. Puissions-nous bientôt voir la paix régner et mériter la venue du Machia’h !

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