
La paracha de la semaine se termine par l’épisode de la Akédat Its’hak, qui vient clôturer les 10 érpeuves d’Avraham Avinou.
Il semble que le mérite extraordinaire de la Akéda réside dans un aspect bien particulier. En effet, le plus grand enseignement de cet événement n’est pas tant le geste lui-même de lier Its’hak, car il est évident qu’Avraham Avinou aurait accompli l’ordre de Hashem sans la moindre hésitation. La véritable grandeur de la Akéda réside dans l’immensité de l’amour de Hashem qui brûlait dans le cœur d’Avraham Avinou.
Il n’accomplit pas cette Mitsva sous la contrainte, comme quelqu’un qui aurait été forcé, contre son gré, de livrer son fils à la mort. Bien au contraire, il l’accomplit avec une immense joie et un empressement remarquable.
C’est ce que nous apprend le verset : « Avraham se leva de bon matin et sella lui-même son âne ».
Notre maître Rachi explique à ce sujet qu’« il s’empressa d’accomplir la Mitsva. Il s’occupa lui-même de seller son âne, sans demander à l’un de ses serviteurs de le faire à sa place, car l’amour bouleverse l’ordre habituel des choses ».
Plus encore, le Ran dans ses Drashot relève une subtilité dans les paroles d’e ‘Hakadosh Baroukh Hou à Avraham Avinou : « Prends de grâce donc ton fils, ton fils unique… » L’emploi de cette formulation, qui ressemble à une demande, plutôt qu’à un ordre impératif, lui permet de déduire qu’Hakadosh Baroukh Hou ne lui avait pas imposé cette épreuve sous la forme d’un commandement, mais lui avait adressé une demande, comme s’Il lui demandait de bien vouloir renoncer à la promesse qu’Il lui avait faite : « C’est par Its’hak que sera considérée ta descendance ».
Le Ran écrit : « Si Avraham avait répondu : “Tu ne m’as donné aucune descendance, si ce n’est cet enfant, et Tu m’as promis que c’est par lui que ma descendance serait établie. Comment pourrais-je donc faire une telle chose ?”, cela n’aurait pas été considéré comme une faute de sa part et il n’aurait encouru aucune punition. Et pourtant, en raison de l’immensité de son amour pour Hashem, il trouva dans son cœur la force de le lier, uniquement afin d’accomplir la volonté de Hashem, alors même que, s’il ne l’avait pas fait, il n’aurait subi aucune sanction. Voilà le sens et le secret de la Akéda ».
Les paroles du Ran nous révèlent ainsi que le véritable sens et le secret de la Akéda résident dans l’amour immense qu’Avraham Avinou a manifesté envers Hakadosh Baroukh Hou : il était tellement attaché à Lui qu’il accepta, avec joie et de tout son cœur, de lier son propre fils afin de Lui procurer satisfaction, alors même qu’il n’y était pas contraint.
C’est là un enseignement fondamental qui s’applique à toutes les Mitsvot : il ne suffit pas d’accomplir chaque Mitsva dans ses moindres détails et avec la plus grande précision ; il faut également l’accomplir avec joie, par amour pour Hashem.
Les ouvrages de nos Sages enseignent d’ailleurs qu’une Mitsva accomplie dans la joie procure une récompense infiniment supérieure à celle d’une Mitsva accomplie sans joie. La véritable grandeur de notre service divin ne se mesure donc pas uniquement à ce que nous faisons, mais aussi à l’amour et à la joie avec lesquels nous le faisons.