Noa’h 5787 – n°502

Dans notre parasha, à la fin du Déluge, la Thora écrit que « la colombe ne trouva pas de repos pour la plante de son pied ».

Le Midrash rapporte à ce sujet que « si la colombe avait trouvé un endroit où poser son pied et se reposer, elle ne serait pas revenue. De même, il est écrit : “Elle s’est installée parmi les nations, mais elle n’a pas trouvé de repos.” Si le peuple d’Israël avait trouvé le repos [durant son exil parmi les nations], il ne serait pas revenu [pour être finalement délivré] ».

Les paroles de ce Midrash nous enseignent un principe extraordinaire : c’est précisément parce que nous ne trouvons pas de véritable repos durant notre exil, et que nous gardons constamment à l’esprit que nous sommes encore en exil, que nous mériterons finalement la délivrance.

En effet, tant que nous nous souvenons que nous sommes en exil, nous continuons à tourner nos regards vers Hashem, dans l’attente de Son secours. Mais si le peuple d’Israël venait à trouver le repos en exil, c’est-à-dire s’il en arrivait à penser que la vie parmi les nations est pleinement satisfaisante et qu’il ne lui manque rien, il risquerait de ne jamais mériter la délivrance. Car celui qui ne tourne plus ses regards vers Hashem dans l’attente de Son salut ne mérite pas de voir ce salut se réaliser.

Nous apprenons ainsi que les épreuves que le peuple d’Israël traverse durant son exil sont, d’une certaine manière, destinées à notre bien : elles nous rappellent que nous vivons encore en exil et que nous n’avons pas encore atteint notre véritable repos ni notre héritage définitif. C’est précisément grâce à cette prise de conscience que nous mériterons finalement d’être délivrés.

Dans le même esprit, le Méshekh ‘Hokhma écrit dans la paracha Bé’houkotaï que lorsque les Juifs vivent en exil, installés durablement dans un pays comme des citoyens à part entière, au milieu des autres nations, et qu’ils en viennent à oublier qu’ils sont des étrangers et à ne plus attendre la délivrance d’Hashem, Hakadosh Baroukh Hou réveille parfois la haine des nations à leur égard, afin qu’ils ne se fondent pas parmi elles.

Voici ses paroles : « S’il pense que cet endroit est sa terre d’origine et qu’il cesse d’attendre le salut spirituel d’Hashem au moment fixé, alors se lèvera une tempête encore plus violente, qui le lui rappellera dans un grondement assourdissant : “Tu es juif ! Qui t’a donné le droit de te considérer comme l’un des leurs ? Va-t’en vers le pays que tu ne connais pas !” ».

Il écrit également des paroles extraordinaires, qui semblent presque prophétiques, au sujet des Juifs vivant en Allemagne, qui se considéraient comme des Allemands à part entière et en étaient venus à penser que Berlin était leur Jérusalem : « Alors se lèvera un vent impétueux, une violente tempête, qui l’arrachera à ses racines et le déposera dans un pays étranger, lointain, dont il ne connaît pas la langue ». Et c’est effectivement ce qui se produisit par la suite : c’est de l’Allemagne que le mal se répandit sur le monde entier. Précisément dans ce pays, où certains Juifs avaient espéré ressembler aux Allemands, s’intégrer parmi eux et vivre en parfaite harmonie avec eux, s’alluma l’incendie qui menaça d’anéantir toutes les communautés juives là où elles résidaient, au cours de cette terrible guerre — que le Ciel nous préserve d’un tel malheur.

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