Soukkot 5787 – n°501

Nous entrons ce soir dans la fête de Souccot. La Guemara rapporte que « Les nations du monde diront dans le futur à Hakadosh Baroukh Hou : “Maître du monde, donne-nous la Torah et nous l’accomplirons !” Hakadosh Baroukh Hou leur répondra : “Insensés que vous êtes ! Celui qui s’est donné de la peine la veille de Chabbat pourra manger le Chabbat ; mais celui qui ne s’est pas donné de peine la veille de Chabbat, d’où aura-t-il de quoi manger le Chabbat ?”. “Malgré tout, J’ai une Mitsva facile, et elle s’appelle Souka. Allez l’accomplir !”. Pourquoi est-elle appelée une “Mitsva facile” ? Parce qu’elle n’implique aucune dépense importante. Aussitôt, chacun prendra de quoi construire une Souka et ira en construire une sur son toit. Hakadosh Baroukh Hou fera alors régner sur eux une chaleur accablante, comme au cœur de l’été, et chacun donnera un coup de pied dans sa Souka et en sortira ».

Mais la Guemara demande : « n’est-il pas enseigné par Rava que celui qui souffre est dispensé de la Souka ? Certes, ils sont dispensés de la Mitsva en raison de leur souffrance, mais étaient-ils pour autant obligés de donner un coup de pied dans leur Souka ? ».

Il ressort clairement de cette Guemara que, lorsque les nations du monde viendront réclamer de Hakadosh Baroukh Hou une récompense et une part dans le Monde futur, Hakadosh Baroukh Hou les mettra à l’épreuve précisément à travers la Mitsva de Souka. Il fera régner sur eux une chaleur accablante, et eux donneront un coup de pied dans leur Souka. Par ce geste, il sera démontré qu’ils ne méritent ni récompense ni part dans le Monde futur.

Il convient cependant de comprendre pourquoi le fait de rejeter la Souka au moment où il fait chaud permet de démontrer qu’ils n’ont aucun lien avec le Monde futur. Il faut également comprendre pourquoi Hakadosh Baroukh Hou a choisi précisément la Mitsva de Souka pour mettre les nations du monde à l’épreuve, plutôt que n’importe quelle autre Mitsva.

Il semble que le fondement de la Mitsva de Souka, qui est une « demeure temporaire » (dirat araï), soit de faire pénétrer profondément en nous l’idée que ce monde-ci est temporaire, en comparaison de la vie éternelle à laquelle nous accéderons dans le futur grâce à la Torah et aux Mitsvot que nous aurons accumulées ici-bas.

C’est pourquoi Hakadosh Baroukh Hou a mis les nations du monde à l’épreuve précisément à travers la Mitsva de Souka : Il voulait voir si elles avaient réellement intégré dans leur cœur que ce monde-ci n’est qu’une demeure temporaire.

Lorsqu’elles donnèrent un coup de pied dans la Souka, elles démontrèrent qu’elles n’acceptaient pas de vivre dans ce monde comme dans une existence temporaire. Dès lors, elles montrèrent qu’elles n’avaient aucun lien avec la vie du Monde futur et ne pouvaient donc prétendre à sa récompense.

Et si Hakadosh Baroukh Hou les a mises à l’épreuve de cette manière précise — en faisant régner sur elles une chaleur accablante — c’est parce que le véritable test permettant de savoir ce qui est essentiel pour une personne, ce monde-ci ou le Monde futur, consiste précisément à voir si elle accepte de vivre dans la souffrance pour accomplir les Mitsvot.

Si une personne accepte de supporter des difficultés dans ce monde-ci afin d’accomplir les Mitsvot, cela signifie nécessairement qu’elle a profondément ancré dans son âme la conviction que l’essentiel est le Monde futur. Elle considère qu’il vaut la peine de souffrir ici-bas afin de pouvoir jouir plus tard de la vie éternelle. C’est pourquoi l’épreuve des nations du monde s’est précisément jouée au moment où Hakadosh Baroukh Hou fit régner sur elles une chaleur accablante, rendant l’accomplissement de la Mitsva extrêmement difficile.

Lorsqu’elles donnèrent un coup de pied dans la Souka, elles démontrèrent par là même qu’un plaisir momentané dans ce monde-ci avait pour elles beaucoup plus de valeur que la vie éternelle. Elles révélèrent ainsi l’essence même de leur conception de la vie : elles n’avaient aucun rapport avec le Monde futur.

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