Tazria Metsora 5780 – n°319

Nos deux parachot traitent longuement du sujet de la plaie, la tsaraat.

Le Gaon de Vilna

Cette punition divine, extraordinaire comme l’explique le Ramban, touchait les personnes coupables de lachon hara – la médisance.

La Thora nous enseigne que l’expiation de cette faute passait par l’offrande en sacrifice de deux oiseaux : un qu’on laissait s’envoler et un qu’on devait abattre. Rachi cite l’enseignement des Sages selon lequel ces sacrifices devaient spécifiquement être des oiseaux, et non du gros ou menu bétail. En effet, de même que les oiseaux jacassent perpétuellement, cet homme s’est rendu coupable de lachon hara en parlant trop.

Pourquoi donc apporter sacrifier un oiseau et laisser s’échapper l’autre ?

Nous pouvons expliquer que la Thora nous enseigne ici qu’il est parfois nécessaire voire obligatoire de parler, notamment pour défendre l’honneur d’Hachem et de la Thora, ou pour protéger l’Homme de mauvaises personnes, que ce soit dans des affaires commerciales ou pour des propositions de mariage.

Ainsi, l’Homme doit s’efforcer de vérifier à chaque fois si c’est interdit de parler, autorisé ou bien obligatoire ! C’est pour cela qu’on amenait en réparation deux oiseaux : celui qu’on abattait représentait les paroles interdites et celui qu’on libérait les paroles obligatoires de mitsva !

On retrouve un enseignement parallèle concernant l’étude de la Thora. Le Gaon de Vilna fait remarquer que dans les 10 commandements, « lo tirtsa’h – tu ne tueras point » est écrit avec deux voyelles différentes entre la paracha de Yitro et celle Vaét’hanane : une fois avec un pata’h et une fois avec un kamats (c’est pour cela que les ashkénazes prononcent une fois lo tirtsa’h et une fois lo tirtso’h).

Pourquoi cette différence ? Le Gaon cite l’enseignement des Sages selon lequel il existe deux types d’assassins : celui qui connaît la Thora et qui ne l’enseigne pas, ainsi que celui qui ne la connaît pas mais qui se permet de l’enseigner. Ainsi, le premier correspond à la voyelle kamats (kamtsan = radin) et le second au pata’h (ouvrir : celui qui ouvre trop sa bouche).

Sachons donc nous retenir dans les paroles interdites et futiles, et sanctifier notre bouche par des paroles saintes de prières et de Thora, nous offrant ainsi une protection contre toutes les épidémies et décrets.

Laisser un commentaire