‘Hayé Sarah 5779 – n°276

Rav Moshé Shternboukh

La paracha ‘Hayé Sarah traite longuement de la mission qu’Avraham Avinou confia à son serviteur Eliezer. En effet, il fut chargé de trouver une fiancée à son fils Its’hak.

La Thora utilise des termes très forts pour souligner la fidélité et la grandeur d’Eliezer : « Avraham dit au serviteur le plus ancien de sa maison, qui avait le gouvernement de tous ses biens : Mets, je te prie, ta main sous ma hanche, pour que je t’adjure par l’Éternel, D.ieu du ciel et de la terre, de ne pas choisir une épouse à mon fils parmi les filles des Cananéens avec lesquels je demeure, mais bien d’aller dans mon pays et dans mon lieu natal chercher une épouse à mon fils, à Its’hak.« .

En observant bien ce verset, nous nous rendons compte d’un fondement extraordinaire : bien qu’Avraham lui avait confié la gestion de tout son patrimoine matériel sans même prononcer un seul doute, en ce qui concerne la recherche d’un chidoukh pour son fils, c’est-à-dire son avenir spirituel, il ne lui donna point une confiance aveugle mais le força à jurer !

C’est pour ça que la Thora insiste sur l’importance d’Eliezer et précise qu’il gouvernait tous les biens d’Avraham ! Ce n’est pas pour nous décrire le travail d’Eliezer, ni même l’importance qu’il occupait dans la vie d’Avraham Avinou ! C’est uniquement pour nous enseigner la grandeur d’Avraham, qui ne fit confiance qu’à lui-même pour l’avenir spirituel de son fils !

Le Rav Moshé Shternboukh explique qu’en réalité, les gens ne font pas confiance à leurs amis pour les choses qui sont véritablement importantes à leurs yeux !

Interrogeons-nous un instant : quand quelqu’un nous demande une grosse somme d’argent pour investir à ses côtés, acceptons-nous immédiatement ou bien procédons-nous à un audit complet et à une étude de marché poussée pour justifier du bien-fondé de l’investissement ? Quand nous voyons une personne avec une kippa sortir d’un restaurant, cela nous suffit-il pour nous convaincre de la Cacherout du lieu ? Quand nous devons choisir l’école de nos enfants, enquêtons-nous en profondeur des valeurs que les enseignants leur inculqueront ?

En conclusion, si nous étions pointilleux avec la Thora et les mitsvot comme nous le sommes quand il s’agit de protéger notre argent et nos biens, il est évident que nous aurions pratiqué la Thora de manière plus stricte, pour ne pas arriver à trébucher et fauter, même une seule fois !

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