Bamidbar 5786 – n°487

Le ‘Hazon Ich

Le ‘Houmash Bamidbar relate longuement le recensement des Bné Israël. Il est écrit : « Tous les dénombrés des Léviim que Moché et Aharon recensèrent […] étaient au nombre de 22.000 ».

Le Ramban s’étonne : pourquoi la tribu de Lévi était-elle la plus petite de toutes les tribus d’Israël ? Même en comptant les enfants dès l’âge d’un mois – contrairement aux autres tribus recensées seulement à partir de 20 ans – ils restaient beaucoup moins nombreux. Comment se fait-il, demande le Ramban, que les serviteurs d’Hashem et les plus proches de Lui ne soient pas les plus bénis en nombre ?

Il répond que justement, les autres tribus, qui ont subi l’esclavage d’Égypte, ont bénéficié d’une bénédiction surnaturelle, comme il est écrit : « Plus on les opprimait, plus ils se multipliaient et se développaient ».

La tribu de Lévi, elle, n’a pas été asservie de la même manière. Elle ne reçut donc pas cette bénédiction exceptionnelle et se développa naturellement, ce qui explique leur nombre plus réduit.

Le Kli Yakar rapporte une autre explication : certains disent que leur petit nombre permettait au peuple d’Israël de les entretenir plus facilement grâce aux prélèvements et aux dîmes. Mais il rejette cette idée, car Hashem peut parfaitement nourrir Ses serviteurs. Il explique alors que la présence divine ne réside pas dans un camp de moins de 22.000 personnes. Hashem fixa donc précisément leur nombre à 22.000 pour enseigner cette notion spirituelle.

On peut encore approfondir : Hashem ne recherche pas la quantité, mais la qualité. C’est volontairement que la tribu de Lévi fut peu nombreuse, afin que chacun comprenne qu’Hashem ne les a pas choisis pour leur force numérique, mais pour leur grandeur spirituelle – notamment parce qu’ils ont été prêts à se sacrifier pour rester fidèles lors de la faute du Veau d’or.

La Torah elle-même le dit explicitement : « Ce n’est pas parce que vous êtes les plus nombreux qu’Hashem vous a choisis… ». Hashem choisit la qualité intérieure, la capacité à vivre dans la sainteté et l’attachement à Lui.

On rapporte au nom de notre maître le ‘Hazon Ich cette phrase profonde : « De la qualité naîtra finalement la quantité ; mais de la quantité ne naît jamais la qualité ».

Rabbi Moché Schneider rappelait souvent que même si les véritables Bné Torah et les personnes craignant Hashem sont peu nombreux face au reste du monde, il ne faut jamais être impressionné par la majorité. Sinon, disait-il, il faudrait conclure qu’il vaut mieux être un animal qu’un homme – puisqu’il existe bien plus d’animaux que d’êtres humains sur terre…

La vérité d’une voie ne dépend jamais du nombre de personnes qui la suivent, mais de sa valeur spirituelle.

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