Vayikra 5776 – n°186

mizbeahNous commençons cette semaine le ‘Houmash Vayikra, qui traite principalement des sacrifices qu’on offrait au Bet Hamikdash. Dans notre paracha, la Thora nous enseigne qu’une personne qui a transgressé son serment (שבועה) hass véChalom doit amener un sacrifice pour expier sa faute. Les Sages enseignent même qu’il est fortement recommandé de ne pas jurer même pour une vérité, et même si cela nous condamnerait à une perte financière !

Nous pouvons illustrer la gravité de ces serments avec l’histoire suivante. En Pologne, vivait le Rachach, grand maître talmudique. Il était également très fortuné et s’occupait de la gestion du Gma »h local (organisme de prêt à taux zéro). Il était connu pour être très dur et n’hésitait pas à attaquer au Bet Din les personnes qui ne remboursaient pas leurs emprunts à temps.

Un homme vint un jour lui rendre une somme d’argent, mais le Rav, plongé dans son étude, ne le remarqua pas. L’homme déposa donc l’agent sur un des livres du Rav avec un petit mot. A la fin de son étude, le Rav ferma et rangea tous ses livres. Quelques jours plus tard, en voyant que ce prêt n’avait pas été remboursé à temps, il attaqua au tribunal rabbinique l’emprunteur, qui expliqua qu’il avait déjà remboursé le prêt. Le Bet Din lui demanda donc de prêter serment pour s’assurer qu’il ne mentait pas lorsqu’il contredisait le Rashash. L’homme, très pieux, préféra payer une seconde fois plutôt que de jurer !

Devant la honte et les critiques qu’il reçut pour avoir osé mettre en doute la parole du Rav, les gens s’éloignèrent et n’achetèrent plus dans son magasin. Au bout de quelques mois, il n’eut d’autre choix que d’emménager dans une autre ville pour reconstruire sa vie.

Quelques temps plus tard, le Rav ouvrit le livre en question, y découvrit l’argent et se rendit compte que l’emprunteur n’avait pas du tout menti, mais sa crainte du Ciel l’avait contraint à ne pas jurer, quitte à payer une seconde fois. Le Rav réfléchit à la meilleure manière de le dédouaner complètement aux yeux des membres de la communauté. S’il leur annonçait que la dette avait déjà été remboursée, ils auraient cru que le Rashash est tout simplement miséricordieux et lui a annulé sa dette. En se renseignant, il apprit que l’emprunteur avait un fils à marier. Il décida donc de lui donner sa fille unique (!!!) afin que tout le monde soit persuadé que cet homme était véritablement droit et honnête, et que son refus de prêter serment venait de sa grande crainte du Ciel !

Puisse cette histoire nous renforcer à faire très attention à nos paroles et à nos engagements ! Evitons désormais de dire « je te promets », « je te jure » etc… même sur des vérités absolues !!!

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