Vayéra 5774 – n°73

Rav Shalom Shvadron

Il est écrit dans la paracha la récompense qu’Hachem a promis à Avraham et sa descendance, mais surtout la raison d’une telle promesse : « Abraham ne doit-il pas devenir une nation grande et puissante et une cause de bonheur pour toutes les nations de la terre ? Si je l’ai distingué, c’est pour qu’il prescrive à ses fils et à sa maison après lui d’observer la voie d’Hachem, en pratiquant la vertu et la justice« .

Rachi insiste bien que le verbe « prescrire » est conjugué au présent, et donc que la récompense d’Avraham vient du fait qu’il ordonne immédiatement à ses enfants de faire les mitsvot : « Suivez la voie d’Hachem ».

Comme le précise le Baal haTourim, le mot Thora est sous entendu deux fois dans ce verset (avec les dernières lettres et en guématria – valeur numérique), encore une fois pour nous enseigner que sans la Thora et la pratique des mitsvot, Hachem n’aurait jamais pu promettre une telle récompense !

A ce sujet, citons la parabole de Rav Chalom Chvadron, le célèbre Maguid de Jérusalem.

Lors d’un horrible attentat hasvé chalom, une mère n’arrivait pas à joindre son fils, présent dans le quartier touché. Très inquiète, elle appela la police et tous les hôpitaux, jusqu’à qu’on lui confirma qu’il avait été admis en réanimation et qu’elle devait accourir au plus vite. Désespérée, elle arriva aux urgences et le médecin sortit à sa rencontre. En hurlant, elle demanda : « Ses mains ont-elle été touchées ? » Le docteur lui confirma qu’il avait été amputé en urgence des deux bras. En pleurs, elle continua : « et ses jambes ? » « Idem », lui répondit-il. Elle demanda alors si les yeux avaient été atteints, puis les oreilles puis le visage … ce que malheureusement le médecin lui confirma tour à tour. Voulant la réconforter, il lui annonça : « mais madame, soyez rassurées, son cœur est intact il respire parfaitement ».

Ainsi, explique le Rav, ceux qui se définissent « Juif dans le cœur », c’est-à-dire croyants mais n’accomplissant pas les mitsvot, n’ont pas plus de valeur que ce pauvre enfant dont tout le corps a été détruit mais qui continue à respirer !

C’est ici le message de ce verset : certains groupes qui se définissent comme des juifs qui « aiment » les autres, qui ont un bon cœur, profondément croyants, … mais qui n’accomplisse pas les mitsvot, doivent être conscients qu’ils n’ont pas de valeur, et au niveau individuel, nous devons chacun prendre conscience que transgression ou chaque mitsva non accomplie, revient à se couper un membre du corps, et à se déconnecter d’Hakadosh Baroukh Hou.

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