Ki Tetsé 5775 – n°161

כי תצא (Medium)La paracha de la semaine enseigne un très grand nombre de mitsvot concernant l’Homme et son prochain : ne pas arnaquer son employé, le payer dès la fin de son travail, ne pas faire pencher le jugement d’un orphelin ou d’une veuve, ne pas mettre en gage le vêtement d’une veuve, …

Immédiatement après, la Thora nous donne des mitsvot positives liées au Héssèd (générosité) : laisser un coin de son champ pour les pauvres lors de la récolte, leur laisser les épis tombés à terre lors de la récolte , leur laisser les épis non récoltés …

Cette juxtaposition nous donne un grand enseignement : il ne suffit pas pour un Juif de s’éloigner du Mal ! Il doit également s’efforcer de faire le Bien !

A ce sujet, le Rav Yossef Sisso haCohen, vice grand Rabbin de Tunisie, racontait l’histoire suivante. Il arriva dans une ville où les juifs de la communauté étaient exemplaires. Aucun ne tuait, ne pillait, ni même ne volait. En se renseignant un peu plus, il découvrit qu’ils n’étaient pas pointilleux dans la Tsédaka, le Héssèd, le Chabat, l’étude de la Thora …

Il chercha une idée pour réprimander la communauté. En marchant, une très forte odeur nauséabonde l’interpella et, en levant la tête, il découvrit le corps d’un âne mort. Une idée lui vint alors à l’esprit. Il demanda à son chamach de convoquer en urgence toute la ville pour l’enterrement d’un mète mitsva, un juif décédé sans famille ni ami pour lequel on doit arrêter toute activité (même une mitsva) pour l’enterrer.

Une fois tout le monde réuni, le Rav commença son oraison funèbre et les juifs étaient impatients de savoir de qui s’agissait-il : « Cet être qui a disparu était un grand Tsadik ! De toute sa vie, il n’a jamais prononcé de paroles futiles, ni de médisance, de mensonges ou de colportages. Il a toute sa vie durant accompli une jeûne de la parole. Mieux encore, ce niftar encaissait les vexations et insultes et n’y répondait jamais ! Il était complètement séparé des plaisirs matériels de ce monde : il dormait par terre, ne consommait jamais de viande, ne portait qu’un seul vêtement déchiré même en hiver ! Qui pourra remplacer un tel Tsadik !!!« .

Tous les juifs étaient en pleurs lorsque le Rav souleva alors le Talit recouvrant cet âne et interpella la communauté  : « Cet âne s’est en effet complètement détaché de toutes ces mauvaises actions, mais il est resté malgré tout un âne, et rien de plus. Pour la simple et bonne raison qu’il ne faisait pas de bien autour de lui. Vous devez comprendre que si vous ne faîtes que fuir le Mal, sans chercher à faire le Bien, vous ne serez pas beaucoup mieux que cet âne !« .

En renforçant la pratique des mitsvot et de la Tsédaka, on mettra toutes les chances de notre côté pour sortir acquitté du Grand Jugement qui arrive à grand pas, à Roch Hachana.

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