Les lois du Sédèr de Pessa’h – n°228

Le Gaon de Vilna comptabilise 64 mitsvot le soir de Pessa’h, en plus de la mitsva continue de l’étude de la Torah. Afin de se préparer à cette grande nuit, voici quelques recommandations.

Préparations la veille de Pessa’h : La table sera dressée tôt afin que l’on puisse faire le Kiddoush dès la sortie des étoiles, au retour de la synagogue. Avant de partir à la synagogue, on doit s’assurer que la table soit dressée avec une belle nappe, de beaux verres et une belle vaisselle. On doit aussi prévoir les chaises et les coussins pour s’accouder.

On vérifie les légumes pour le Karpass et le Maror et on s’assure qu’ils ne contiennent pas de bêtes (mêmes ceux issus de cultures de type « Goush Katif » qui présentent aussi un risque, comme l’expérience nous l’a déjà prouvé).

On achètera et préparera des verres contenant la quantité requise (86 ml) pour les 4 coupes de vin. On préparera également les sachets de Matsa et de Maror selon les quantités requises. Si Pessa’h tombe pendant Chabat, on préparera l’eau salée le vendredi.

Généralités : Les femmes ont l’obligation d’accomplir toutes les mitsvot de Pessa’h (4 coupes de vin, Matsa, Maror, Korèkh, Hallel, Afikoman, récit de la sortie d’Egypte) – bien que ce soient des mitsvot positives qui dépendent du temps – car elles étaient présentes et ont bénéficié elles-aussi de ce miracle. Les femmes veilleront à faire le Hallel complet avec bénédiction avant la lecture de la Haggadah (Pour les femmes séfarades, c’est la seule fois de l’année où elles feront le Hallel avec bénédiction !)

Il est de coutume qu’un homme serve la coupe de vin à un autre homme, et une femme à une autre femme.

Comment s’accouder ?

L’homme et s’accoudera sur la gauche en signe de liberté. S’accouder est obligatoire et celui qui ne s’est pas accoudé ne sera pas quitte de la mitsva (et devra donc recommencer). Pour les séfarades, les femmes sont aussi obligées de s’accouder, mais si elles ne l’ont pas fait, a postériori, elles ne devront pas refaire la mitsva. Celui qui s’est accoudé du côté droit est considéré comme s’il ne s’était pas du tout accoudé. Un gaucher devra s’accouder également sur la gauche. Par contre, s’il s’est accoudé à droite, il sera quitte (à la différence du droitier).

S’accouder est obligatoire pour les 4 coupes, la Matsa, le Korèkh, et l’Afikoman. Celui qui s’accoude aussi pendant le repas est digne de louanges. Il faut pencher son corps de 45 degrés et il ne suffit pas de s’accouder « dans le vide ». On conseille donc qu’avant de s’accouder, chacun fasse un quart de tour avec sa chaise et s’accoude sur la table.

Les 4 coupes:

A priori, on choisira du vin rouge non « Mévoushal », sauf si il y aura à table des invités qui transgressent Shabbat en public (רח »ל), auquel cas il faudra choisir du vin Mévoushal. Si boire du vin est difficile, on pourra mélanger du jus de raisin au vin. Et si même cela est difficile, on prendra du jus de raisin uniquement. On agira ainsi pour les enfants et les personnes âgées.

Le volume d’un verre de vin doit être d’un réviit (86 ml – certains disent 150 ml). A priori, il faut boire le verre en entier, mais si on a bu la majorité, on sera quitte à postériori. C’est pour cela qu’on s’efforcera d’acheter des verres contenant la bonne quantité, pour ne pas se forcer à boire plus que nécessaire. On boira le vin en une fois ou deux fois.

Kadesh :

On pensera à s’acquitter de la mitsva de boire la première des quatre coupes. Pour les Séfarades, on pensera à s’acquitter du vin de la seconde coupe lorsqu’on prononcera la bénédiction « boré péri haguéfèn ». En prononçant la bénédiction « shéhé’héyanou », on pensera à s’acquitter des mitsvot de Matsa, Maror, Karpass, et du récit de la sortie d’Egypte. On ne fera pas la bénédiction récitée habituellement après avoir bu du vin.

Our’hats :

Tout le monde se lave les mains (et pas seulement le maître de maison). On ne récite pas la bénédiction comme c’est la règle lorsqu’on se lave les mains avant de manger un aliment trempé dans un liquide.

Karpass :

On prend moins d’un kazaït (environ 10 g) de cèleri (ou pomme de terre) qu’on trempe dans l’eau salée. On prononce la bénédiction « boré péri haadama » et on pense à ce moment à dispenser de bénédiction le légume qu’on consommera au moment du Maror. Pour Karpass, il n’est pas nécessaire de s’accouder. On veillera à manger moins d’un kazaït pour ne pas rentrer dans le doute de savoir si on est astreint à la dernière bénédiction ou non. On veille à laisser un peu de Karpass sur le plateau de seder, et il en sera ainsi pour tous les autres composants du plateau du seder.

Ya’hats :

On prend la Matsa du milieu et on la coupe en 2. On remet le plus petit morceau entre les 2 Matsot du plateau et on cache le grand morceau pour l’Afikoman.

Maguid :

On pense à s’acquitter du commandement positif de la Torah de raconter la sortie d’Egypte le soir de Pessa’h, comme il est dit « et tu raconteras à ton fils … », et tout celui qui allonge le récit de la sortie d’Egypte est digne de louanges. On a le devoir de raconter la sortie d’Egypte jusqu’à ce que le sommeil nous emporte. On ne doit pas s’arrêter et parler d’autre chose pendant la Haggadah sauf pour un grand besoin. Aussi, c’est l’occasion de rappeler que « Ma Nichtana » n’est pas juste une chanson ou un hymne, mais des questions auxquelles il faut répondre !

Lorsqu’on dit  « le Korban Pessa’h que nos ancêtres mangeaient », il faut faire attention de ne pas dire « ce » Korban Pessa’h. On ne tiendra pas non plus l’os dans la main pour ne pas l’assimiler à une nourriture sainte qui est mangée en dehors du Bet Hamikdash.

A la fin de Maguid, on boit le 2ème verre accoudé sans prononcer après de bénédiction finale.

Rokhtsa :

On se lave les mains pour le repas et on prononce la bénédiction « al netilat yadaïm ». Avant de faire nétila, il est bon de rappeler les mitsvot auxquelles nous devons penser à nous acquitter lors du « motsi matsa » (voir ci-dessus).

Motsi Matsa :

On doit penser à s’accomplir la Mitsva positive de manger de la Matsa Chmoura à Pessa’h. Lors de la bénédiction « al akhilat matsa », on doit penser à se rendre quitte du Korèkh et de l’Afikoman. On prend en main les 3 Matsot comme elles sont posées, et on prononce la bénédiction « hamotsi ». Ensuite, on laisse glisser délicatement la Matsa d’en bas et on prononce la bénédiction « al akhilat matsa » en pensant à acquitter les autres convives. On coupera un kazaït de la Matsa entière (celle d’en haut) et un kazaït de la demi Matsa du milieu, et on les mangera accoudé sans la mélanger avec un autre aliment. Si la Matsa du plateau ne suffit pas pour que chacun reçoive un kazaït, on donne seulement un petit morceau de Matsa et on complète avec d’autres Matsot de la boîte.

A priori, le maitre de maison doit consommer 2 kazaït en un temps de « kédé achilat pras » (4 minutes à priori, 6 ou 7 minutes à postériori). S’il n’a consommé qu’un seul kazaït, il sera quitte à postériori. Pour les autres convives, un seul kazaït suffit. Il faudra consommer la Matsa avant la moitié de la nuit (pour 5778, 00:42 à Jérusalem, 01:55 à Paris, 01:00 à New York).

La quantité de kazaït pour motsi matsa est de 27 g mais on essaiera tant que possible de consommer 35g. Le maître de maison, quant à lui, consommera 2 fois 20 g pour ses 2 kazaït. Si c’est vraiment compliqué, on pourra se suffire de 20 g pour les adultes et de 12 g pour les enfants. Pour éviter de consommer trop de Matsa (en voulant manger la bonne mesure), il est vraiment recommandé de préparer des sachets avant la fête avec les bonnes quantités, en ajoutant quelques grammes toujours pour les miettes qu’on ne consomme pas.

Maror :

On pense à accomplir les mitsvot de consommer du Maror et de le tremper dans le ‘harossète. Lors de la bénédiction, on pense à s’acquitter du Korèkh (sandwich). On prend un kazaït de Maror et on le trempe dans le ‘harossète. On le secouera pour ne pas atténuer le gout amer du ‘harossète. On a l’obligation de consommer un kazaït de Maror (30 g) en un temps de « kédé achilat pras ». On ne le consommera pas accoudé. On conseille ici aussi de préparer la bonne quantité de Maror avant la fête.

Korèkh :

On prend un kazaït de la 3ème Matsa (à priori 27 g et à postériori 20 g), et un kazaït de Maror (30 g), on les met en sandwich qu’on trempe dans le ‘harossète et qu’on consomme accoudé.

Choul’han Orèkh :

On mange avec joie en s’accoudant si possible. On prêtera attention à ne pas trop manger pendant le repas pour pouvoir consommer l’Afikoman avec appétit. On fera attention à ne pas prononcer de paroles futiles pour ne pas faire d’interruption entre la bénédiction « al akhilat matsa » et l’Afikoman.

Tsafoun :

On consomme l’Afikoman accoudé, avant le milieu de la nuit (‘hatsot). A priori, il est bon de manger 2 kazaït, un correspondant au Korban Pessa’h et un autre pour rappeler la Matsa qu’on consommait à l’époque du Temple avec le Korban Pessa’h. Si on ne mange qu’un seul kazaït (27 g ou à postériori 20 g), on est quitte. Après l’Afikoman, il est interdit de manger ou boire quoi que ce soit, afin que son goût reste dans notre palais. On pourra cependant boire de l’eau en cas de grand besoin.

Barèkh :

On se lave les mains pour les dernières ablutions (mayïm a’haronim) et on récite le birkat hamazone (sans s’accouder), et à la fin, on prononce la bénédiction sur la troisième coupe de vin en pensant à s’acquitter également de la quatrième (selon les séfarades).

Hallel :

On dit le Hallel complet avec joie et tous les convives s’unissent pour le dire avec ferveur et engouement (en respectant évidemment la sainteté de l’instant). Il est bon de terminer le Hallel avant la moitié de la nuit également. On boit le quatrième et dernier verre accoudé (en s’efforçant de boire au moins un réviit) pour pouvoir prononcer la bénédiction finale (« al haguéfène »).

Nirtsa :

C’est une mitsva de raconter la sortie d’Egypte après le sédèr et on doit s’efforcer de raconter la sortie d’Egypte jusqu’à ce que le sommeil nous emporte. Notre maître le Rav de Brisk s’étonnait de voir comment on pouvait étudier toute la nuit de hoshaana raba et toute la nuit de Shavouot, qui ne sont pourtant que des coutumes, alors qu’à Pessa’h, on se montre laxiste bien que ce soit une mitsva explicite !

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