Yitro 5786 – n°479

La parasha de la semaine raconte longuement le don de la Thora au Mont Sinaï. A ce sujet, il est écrit dans la Thora : « Quiconque touche la montagne sera mis à mort ».

Notre maître le ‘Hafets ‘Haïm apprend de ce verset que si celui qui touche la montagne mérite la mort, alors même que la montagne n’a ni conscience ni sensibilité, mais uniquement parce qu’elle a servi de support au Don de la Torah, à plus forte raison en est-il ainsi pour les sages de la Torah, qui possèdent intelligence et sensibilité. Celui qui leur porte atteinte est considéré comme s’il portait atteinte à la Torah elle-même, et sa faute est extrêmement grave — à tout le moins comparable à celui qui touche la montagne du Sinaï.

Il faut donc se garder avec la plus grande vigilance de porter atteinte à un talmid ‘hakham, et fuir cela comme on fuit le feu. Ainsi l’enseignent nos Sages dans les Pirkei Avot : « Sois prudent avec leurs braises », et le Rambam explique que le talmid ‘hakham est comparable au feu. De même, la Guemara enseigne : « Les sages de la Torah, tout leur corps est feu ». Celui qui ne fait pas attention à leur honneur s’expose comme quelqu’un qui se jette lui-même dans un brasier.

Celui qui humilie un talmid ‘hakham provoque un ‘hiloul Hashem, et Hakadosh Baroukh Hou le punit sans délai, comme l’enseignent nos Sages : « On ne diffère pas le châtiment en cas de profanation du Nom divin ». La Guemara précise encore que l’honneur des érudits est directement réclamé par Hashem Lui-même. Il n’existe pas de réparation à cette faute tant que le fautif n’a pas été sanctionné selon la loi de la Torah — par l’excommunication — jusqu’à ce qu’il fasse téchouva et demande pardon au talmid ‘hakham, comme cela se pratiquait dans les générations précédentes.

À l’inverse, il convient de méditer sur la grandeur de la récompense réservée à celui qui honore les talmidei ‘hakhamim. Puisque la rigueur est si grande envers celui qui les méprise, combien immense est la récompense de celui qui les respecte, les soutient et veille à leur dignité — une récompense sans limite ni mesure.

On raconte qu’un jour, notre maître le ‘Hafets ‘Haïm se rendit dans une ville pour participer à une collecte de fonds destinée à la création d’un hôpital. Il parla avec ferveur de l’importance du projet, et les notables firent chacun don d’un lit complet pour les malades.

Pendant ce temps, des élèves de yéchiva entrèrent pour s’entretenir avec le ‘Hafets ‘Haïm en Torah et en moussar. Il les accueillit avec un immense respect et leur témoigna beaucoup d’honneur. Les donateurs, témoins de cette scène, s’en offusquèrent et lui reprochèrent de traiter ces jeunes plus honorablement qu’eux, alors qu’eux-mêmes avaient donné de l’argent pour sauver des vies, tandis que ces étudiants n’avaient rien donné.

Le ‘Hafets ‘Haïm leur répondit : « Vous vous trompez. Ces jeunes donnent bien plus de lits que vous. Grâce à l’étude de la Torah, de nombreuses maladies sont évitées. Ils ne fournissent pas des lits aux malades — ils empêchent les gens d’en avoir besoin ».

De nos jours, nombreux sont les avrekhim et les bné Torah qui vivent sans réel soutien. La situation est difficile : dans beaucoup de kollelim, les aides ne sont pas versées régulièrement, et les familles vivent dans une grande précarité, obligées de réduire jusqu’aux dépenses essentielles de nourriture et de soins. La Torah est abaissée, et ceux qui l’étudient manquent d’un soutien digne. L’exigence de l’heure est donc de les honorer et de les aider. Heureux celui qui les soutient, car il honore par là-même la Torah elle-même, et sa récompense est infinie.

Laisser un commentaire