Vayigash 5786 – n°474

La paracha de la semaine nous raconte la rencontre entre Yaakov et Yossef, après de longues années de séparations. La Thora nous enseigne « Israël dit à Yossef : “Je peux mourir à présent, après avoir vu ton visage, puisque tu es encore vivant” ».

Notre maître le Or Ha‘Haïm Hakadoch explique que tant que Yaakov Avinou n’avait pas vu Yossef, sa joie n’était pas complète. En effet, il craignait que Yossef ait été atteint spirituellement et se soit détérioré en vivant au cœur de l’impureté de l’Égypte.
Mais à présent qu’il voit son visage, Yaakov reconnaît, par la seule expression de ses traits, que Yossef n’a commis aucune faute, qu’il ne s’est pas altéré spirituellement et qu’il est resté dans sa sainteté originelle.

C’est précisément le sens de ses paroles : « Après avoir vu ton visage, puisque tu es encore vivant », c’est-à-dire vivant spirituellement, totalement intact dans son attachement à Hashem.
Car la véritable vie n’est pas la vie matérielle, mais la vie spirituelle, la vie de la dvékout – d’adhésion à Hashem, comme il est dit : « Et vous qui êtes attachés à Hashem, vous êtes tous vivants aujourd’hui ».

Ces paroles sont redoutables : chaque faute de l’homme, qu’elle soit commise en secret ou en public, laisse une empreinte sur son corps. Celui qui possède des yeux purs et sanctifiés peut discerner ces marques.
Il est connu que le Ari zal savait lire sur le front d’un homme les fautes qu’il avait commises, aussi bien dans cette incarnation que dans des vies antérieures. Une fois, le Ari zal observa sur le front de Rabbi ‘Haïm Vital qu’il avait bu une mesure d’eau avant le repas sans réciter la bénédiction finale, et il le réprimanda pour cela.

Même si dans ce monde seuls quelques tsadikim d’exception sont capables de percevoir ces traces, dans le monde des âmes, après le décès, tous les défauts spirituels deviennent visibles. Là-bas, tout est épuré et spirituel, et rien ne fait obstacle à la perception des marques laissées sur l’âme.

Notre maître le ‘Hafets ‘Haïm parlait souvent de la honte immense qui attend l’homme dans le monde éternel, lorsque tous verront clairement, à travers son âme, les fautes qu’il a commises durant sa vie.
À ce moment-là, l’homme suppliera, accablé de honte, de pouvoir revenir dans ce monde afin de réparer ce qu’il a abîmé — mais il sera trop tard.

Et le ‘Hafets ‘Haïm ajoutait : « Tant que l’homme est encore vivant dans ce monde, il peut réparer par la téshouva, et ainsi effacer la mauvaise empreinte laissée sur lui. Mais s’il n’a pas fait téshouva de son vivant, il a laissé passer l’occasion. »

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