
Nous commençons cette semaine le livre de Shémot. Il est écrit que les sages-femmes juives sauvèrent les bébés, malgré l’ordre de Pharaon de les tuer. En récompense, « parce que les sages-femmes craignirent Hashem, Il leur fit des maisons » – des dynasties de Cohanim, Léviim et Rois.
Les sages-femmes se sont investies avec un dévouement total dans une immense mitsva : sauver des vies en Israël. Non seulement elles n’ont pas exécuté l’ordre de Pharaon de tuer tous les garçons — se mettant ainsi en danger immense — mais elles ont aussi veillé à “faire vivre les enfants”, en leur procurant eau et nourriture.
Il convient de comprendre : pourquoi la Torah ne les loue-t-elle pas principalement pour l’acte de sauvetage lui-même, mais plutôt pour le fait que “les sages-femmes craignirent Hashem”, c’est-à-dire qu’elles ont agi par crainte du Ciel ?
Réfléchissons : si l’on avait devant nous un Juif qui a sauvé un autre Juif de la mort, le louerait-on surtout pour sa crainte du Ciel, ou pour l’acte concret d’avoir sauvé une vie ? A priori, l’éloge porte sur l’action elle-même. Alors pourquoi la Torah met-elle l’accent uniquement sur la crainte du Ciel ?
Le Rav Elyahou Lopian explique que la valeur d’un acte de mitsva ne se mesure pas à l’action en elle-même, mais à la crainte du Ciel qui l’habite. Ainsi, si les sages-femmes n’avaient pas agi par crainte du Ciel mais seulement pour sauver des vies par sentiment de compassion et de pitié, la Torah ne les aurait pas louées. Et c’est précisément parce qu’elles ont agi par crainte du Ciel, que la Torah les loue — pour la crainte du Ciel présente dans leurs actes.
De même, on trouve cela dans la ‘Akédat Its’hak : bien qu’Avraham Avinou ait été prêt à offrir son fils unique à Hakadosh Baroukh Hou, l’essentiel de l’éloge divin porte sur la crainte du Ciel contenue dans cet acte, comme il est écrit : « maintenant je sais que tu crains Hashem ».
À l’inverse, concernant Amalek, même s’ils étaient des impies d’une cruauté extrême, la Torah ne les condamne pas principalement pour leurs actes eux-mêmes, mais pour le fait qu’ils étaient dénués de crainte du Ciel, comme il est écrit : « et il n’a pas craint Hashem ». Ce qui montre que l’essentiel de la valeur (ou de la chute) de l’homme réside là.