Mishpatim 5786 – n°480

Rav ‘Haim de Brisk

Le verset de notre paracha dit « Vous serez pour Moi des hommes saints, et vous ne mangerez pas de viande tréfa dans les champs ».

Il convient de comprendre quel est le lien entre le début du verset – « Vous serez pour Moi des hommes saints » – et sa conclusion qui interdit la consommation d’une bête tréfa (déclarée impropre à la consommation). Pourquoi la Torah relie-t-elle la sainteté précisément à l’interdit des aliments non cachères ?

Il semble que la Torah veuille nous enseigner ici un principe fondamental : dans les domaines liés à la cacherout, l’homme doit redoubler de vigilance et s’assurer que sa nourriture soit exempte de tout doute. C’est précisément dans le contexte des aliments interdits que la Torah emploie l’expression « hommes saints », afin de nous apprendre que la sainteté s’exprime dans la retenue et la séparation de tout ce qui comporte un risque d’interdit.

Celui qui veille scrupuleusement à consommer une cacherout irréprochableglatt cachère véritablement – et qui s’éloigne même des zones grises permises pour éviter tout risque d’interdit, mérite d’être appelé « kadosh », saint.

De là découle un réveil nécessaire pour nous tous : il ne faut pas se hâter de s’appuyer sur n’importe quelle certification de cacherout, mais s’efforcer de choisir la cacherout la plus exigeante possible. Car la pureté alimentaire est le fondement de la sainteté.

Lorsque l’homme consomme des aliments interdits, un esprit d’impureté pénètre en lui, provoquant un « timtoum halev » – un obscurcissement du cœur – et engendrant des traits de caractère négatifs, comme l’écrit le Messilat Yésharim.

Le Pri ‘Hadash écrit déjà qu’à son époque, du fait que l’on négligeait la cacherout dans l’éducation des enfants, beaucoup d’entre eux se sont détournés de la voie de la Torah et sont devenus insolents, insensibles à la crainte d’Hashem.

Notre maître le Rav ‘Haïm de Brisk rapporta également que le Rambam reçut un jour une lettre contenant des pensées hérétiques. Il répondit à son auteur : « Va vérifier les sho’hatim de ta communauté, car de telles idées ne surgissent pas dans l’esprit d’un Juif à moins qu’il n’y ait une défaillance dans la cacherout ». L’homme enquêta et découvrit qu’on avait nourri, durant treize années, toute la ville – lui compris – de nevelot et tréfot. De là provenait l’impureté de son âme, qui l’avait conduit jusqu’aux pensées d’hérésie.

La cacherout n’est donc pas un détail technique : elle façonne l’âme de l’homme.

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