Térouma 5779 – n°288

« Rabénou » Guershon Liebmann

La paracha de la semaine se nomme Térouma, en référence à l’injonction faite aux Bné Israël de contribuer au financement de la construction du Mishkan, le Tabernacle.

A ce sujet, le Baal haTourim précise que lorsque Moshé s’adressa aux Bné Israël, il utilisa le mot « dabèr – דבר ». Cette forme vient nous enseigner qu’il dut les amadouer pour les convaincre de participer à la construction du Mishkan, eu égard à l’apparente « perte financière » qui les toucheraient.

En réfléchissant bien, cet enseignement est incompréhensible ! Les Bné Israël furent esclaves pendant 210 ans en Egypte, asservis et maltraités. Non seulement Hachem les sauva en en faisant des hommes libres, mais Il les recouvra des richesses, lorsqu’ils sortirent d’Egypte ! De plus, le Midrash nous enseigne que les trésors que les Bné Israël récupérèrent lors de la traversée de la Mer Rouge étaient encore plus énormes, à tel point que chacun n’avait pas moins de 80 ânes chargés d’or, d’argent et de pierres précieuses ! Bref, ils furent tous milliardaires, et lorsque Moshé Rabénou vient leur demander quelques centaines ou milliers de shékèls, il dut user de subterfuges pour les convaincre ??? Quand bien même cela leur coûta un peu d’argent, mais c’était dans leur propre intérêt, ainsi qu’il est dit « vous Me construirez un Sanctuaire, et Je résiderais parmi chacun d’entre vous ». Qui parmi nous ne voudrait pas payer un minimum pour s’assurer que la Présence Divine nous accompagne à chaque instant ?

Rabénou le Rav Guershon Liebman explique que c’est en fait exactement comme cela que la vie se déroule. Lorsqu’il s’agit de faire des grandes mitsvot, le yetsér hara trouve toujours des moyens de nous décourager, même lorsqu’on est convaincu de son bien-fondé ! Pour que le libre arbitre soit respecté, il est nécessaire que le mauvais penchant se renforce puisque la mitsva est très importante.

Nous vivons cela également de nos jours lorsqu’il s’agit de soutenir les yéchivot, kollelim et autres institutions de Thora et ceux qui y étudient ! Bien que ce soit une des mitsvot les plus importantes, le yetser hara tente de nous décourager à l’aide d’arguments futiles, ou en nous convaincant de s’en acquitter au minima. Nous avons alors le devoir de bien réfléchir si les raisons qui nous freinent ne sont pas vaines et uniquement une ruse de notre mauvais penchant pour que nous ne méritions pas d’accomplir cette grande mitsva, et réjouir ainsi Hachem et ses plus proches serviteurs ! Sachons avoir un regard objectif pour repousser le yetser hara et s’acquitter au maximum de nos possibilités, voire plus ! Nous recevrons alors toutes les bénédictions promises dans la Thora.

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