Bamidbar 5779 – n°294

Le thème central de la paracha de la semaine est le dénombrement des Bné Israël dans le désert. La Thora s’étend longuement à énumérer le décompte de chaque tribu les unes après les autres, et à nommer le prince de chaque tribu.

Alors que pour toutes les tribus, la Thora écrit « oumaté shimon … oumaté levi … – et pour la tribu de shimon … et pour la tribu de Lévi …« , le texte est différent pour la tribu de Zévouloun où le mot « et » exprimée en hébreu avec la lettre vav (le « vav ha’hibour« , le vav qui « relie ») disparaît.

Pourquoi un tel changement ?

Le Baal haTourim explique qu’il a vu un enseignement du Midrash Tan’houma qui répond à notre question.

Le Midrash nous enseigne que Zévouloun travaillait et littéralement « versait dans la bouche de son frère Issakhar », c’est-à-dire qu’il contribuait à ses besoins matériels. Ainsi, la Thora ne voulait pas présenter Zévouloun comme secondaire par rapport à son frère Issakhar qui étudiait. C’est pour cela que la lettre vav (qui relie) disparut, afin de ne pas lier Zévouloun à Issakhar mais bien pour fixer son mérite à part entière !

Ainsi, nous apprenons un enseignement extraordinaire : celui qui soutient la Thora n’a pas moins de mérites que celui qui l’étudie !

A ce sujet, nous pouvons rappeler cette histoire dont on ne lasse pas.

Notre maître le ‘Hafets ‘Haïm raconta qu’un jour, on posa une question très complexe au Rav ‘Haïm de Volojine à propos de l’interdiction de « כילאים – kilayim » (mélange de plusieurs plantes). Le Rav étudia toutes les souguiot correspondantes, mais il n’arriva pas à trancher de manière claire le doute qu’on lui avait présenté.

En allant dormir, il fit un rêve dans lequel le tailleur du village lui apparut et lui ôta de manière formidablement claire tous ses doutes quant à la question restée en suspens. Le Rav l’interrogea sur la source de sa sagesse, puisque de son vivant, il n’était qu’un simple tailleur qui ne consacrait pas de temps à l’étude. L’homme lui répondit qu’il avait une boite de tsédaka dans laquelle il introduisait jour après jour la moitié de son salaire, qu’il distribuait ensuite aux étudiants de Thora pour les soutenir. En décédant, le jugement divin trancha qu’il devait accéder à la yéchiva supérieure dans le Ciel, en compagnie des grands talmidé ‘hakhamim, et qu’on allait lui apprendre toute la Thora, en récompense du soutien qu’il avait accordé de son vivant.

En se réveillant, le Rav ‘Haïm de Volojine s’écria qu’il savait qu’une grande récompense était accordée dans le Ciel à ceux qui aident les yéchivot et les kollélim, mais c’est pour moi un grand ‘hidoush qu’ils seront eux-même également talmidé ‘hakhamim !

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